Au large
Nous avons atteint la mi-parcours, et une certaine légèreté s’est installée.
Bien que nous soyons tous aussi à pied d’œuvre que lors des premiers jours, une routine se dessine : un objectif est déjà accompli.
Le jeu d’échecs est sorti, on a plus de temps pour dessiner, se reposer, écouter de la musique…
Les vagues nous bercent. Quelle immensité autour de nous. Cette mer qui nous porte est réconfortante, calme.
Nous devons dire que nous avons fait un bon routage et de bons choix météo; les conditions de navigation sont très favorables.
Cette même mer peut parfois être hostile. Elle évolue avec les systèmes qui la traversent, et avec la technologie d’aujourd’hui, nous avons tout à bord pour suivre leur évolution et prendre la meilleure route.
Il y a tout de même des choix à faire et des stratégies à adopter, mais on a l’équipe de feu pour ça!
La notion du temps
Nous sommes partis des Bermudes à l’heure UTC-3. Nous aurions dû revenir à UTC-4, mais nous avons choisi de conserver l’heure des Bermudes, puisque nous allions éventuellement remonter dans le temps jusqu’aux Açores, où l’heure est à UTC+0.
Nous avançons vers l’Europe à la vitesse d’un jogging, et sur notre parcours jusqu’en Espagne, nous traverserons six fuseaux horaires.
Le débat
L’heure à bord évolue au fil de notre progression… Le jour se lève maintenant vers 4 h du matin et se couche plus tôt.
Les repas suivent encore l’heure des Bermudes, tout comme les quarts, mais le soleil et la lune nous racontent autre chose…
On finit par décider que, graduellement, on mangera plus tôt, mais qu’on gardera l’heure des Bermudes jusqu’à notre arrivée aux Açores 😅
Bientôt l’arrivée
Les dauphins nous accompagnent presque chaque jour, et on ne se lasse pas de ce spectacle.
Des espèces différentes tout au long du parcours; la dernière famille croisée : les dauphins à flancs blancs de l’Atlantique, les classiques noirs et blancs.
Wow!
Ceux-ci bougent de façon plus saccadée et ne restent qu’un court moment, mais ils nous impressionnent.
Depuis quelques jours, le décompte avant l’arrivée est bien présent. Nous avons hâte de poser le pied sur terre en Europe — une première pour nous tous par voie maritime. C’est excitant.
Ça y est, l’arrivée sera dimanche le 7 vers midi. Comme c’est une île volcanique, avec un dénivelé d’environ 900 m, on devrait l’apercevoir plus rapidement que les Bermudes.
Le souper avant l’arrivée est festif. Les gars jouent aux échecs, les filles dansent à l’avant; les petits gars dansent et jouent aux échecs!
La dernière nuit sera malheureusement au moteur, après un leg quasi 100 % à la voile.
On a tous envie d’être réveillés au moment où on l’apercevra… alors on se lève plus tôt pour ne pas la manquer. On est dans l’attente de la voir apparaître.
Nous sommes à 10 milles des îles, mais on ne les voit toujours pas avec ce temps couvert!
Puis oui… ça y est. Très discrète dans les nuages, une ligne horizontale apparaît : c’est Faial.
Petit à petit, le profil de l’île se dessine, et plus on approche, plus on voit du vert.
C’est ce qui frappe le plus : le vert, après tout ce bleu.
On est heureux de revoir du vert.
C’est joli. Bonjour la terre, nous sommes contents de te retrouver, et en même intimidés.
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Escale à Horta
Dimanche vers 13 h, nous sommes à l’ancre dans la marina de Horta. Il y a foule : c’est la plus haute saison de l’année. Des marins, il y en a au pied carré!
On attend donc presque trois heures à la douane avant d’être enfin libres de nos envies.
À la douane, il y a d’autres marins. On les voyait sur le radar depuis plusieurs jours. Tous ont des histoires à raconter.
On réalise vite qu’on a eu une superbe traversée, à entendre les mésaventures de certains… Nous avons fait de bons choix de routage.
Fred nous rejoint au quai; il sera le nouvel équipier. Michel, lui, repartira mardi.
Nous avons donc décidé de prendre le lundi off tous ensemble pendant que Michel est encore avec nous, afin de découvrir l’île en scooter.
À nouveau, la bande de motards est partie pour la gloire!
Premier arrêt : la randonnée du volcan. Ça fait du bien de se dégourdir les jambes et de se balader dans tout ce vert.
Les paysages sont à couper le souffle. À chaque virage, on se croit dans un film. La végétation est impressionnante; ce n’est ni comme dans les Antilles, ni comme en Europe. On dirait un mélange de conifères et de tropical.
Tous, le sourire accroché aux lèvres, on parcourt le tour de l’île.
Faial compte environ 15 000 habitants sur 173 km². Faire le tour de l’île, c’est plus ou moins 50 km.
La ville de Horta, capitale de Faial, compte environ 6 000 habitants. Ses habitants la surnomment « la plus petite grande ville du monde ».
Et franchement, il y a tout ce qu’il faut.
Nous y sommes de passage pendant le festival de Maravilha et pour la fête du Portugal du 10 juin. Quelle chance!
On profite des festivités, des kiosques, des spectacles…
On laisse aussi notre trace sur le parterre, une tradition pour les marins de passage à Horta.
On se prépare déjà pour un nouveau départ…
Les adieux à Michel, puis finalement à Fred aussi, qui a eu un imprévu et a dû repartir.
On s’adapte. C’est ça, la vie de bateau.
On prépare le bateau : gros ménage, lavage et bonne jasette d’équipage, question de remettre les pendules à l’heure et repartir en force.
Vivre plusieurs semaines aussi près de gens 24/7, c’est déjà un défi en soi. Ajouter à ça une traversée de l’Atlantique : double défi.
Une bonne communication, c’est la clé.
Nous sommes tous prêts et heureux de poursuivre ce prochain leg.
Nous voilà repartis : huit jours de navigation vers Gibraltar… du moins, c’était le plan initial!
Finalement, ce sera São Miguel, dans les Açores.
Après 24 heures de navigation au moteur, on s’y arrêtera pour remplir le carburant et s’assurer d’avoir le plus de réserve possible, puisque le vent manque à l’appel.
On s’adapte encore.
La météo annonce peu de vent; on aura donc beaucoup de moteur à faire pour ce leg, car le front des Açores est sur notre route.
On ne peut quand même pas attendre deux semaines qu’il passe : Andréanne et Frédérique nous attendent de l’autre côté!
On trouve donc un compromis entre attendre une fenêtre météo dans deux semaines ou partir sur un routage un peu plus favorable, où on pourra faire voile-moteur plutôt que presque uniquement du moteur.
C’est décidé : on attend.
Escale à Ponta Delgada
Le compromis? Trois jours de plus sur l’île de São Miguel, au port de Ponta Delgada, à quai(!) pour de meilleures conditions.
Pas si mal comme alternative.
On en profite donc pour découvrir un peu plus ces îles perdues au milieu de l’Atlantique.
Les Açores, région autonome du Portugal, comptent neuf îles principales. Elles se distinguent par leurs paysages spectaculaires, leurs villages de pêcheurs, leurs pâturages verts et leurs nombreux produits locaux.
São Miguel, la plus grande d’entre elles, abrite des caldeiras, plusieurs lacs et la plantation de thé Chá Gorreana.
Pico possède quant à elle le mont Pico, culminant à 2 351 m, ainsi que les plus beaux vignobles des Açores.
Au programme : location de voiture et exploration des sources chaudes. Ça faisait longtemps qu’on rêvait d’un bain chaud 😅
On en visite même deux dans la même journée!
On découvre aussi Furnas, un magnifique village typique de la région, avec son attrait bien particulier : les geysers.
On y cuisine un plat traditionnel, un genre de bouilli haut de gamme, très généreux en viande, avec un goût fumé, cuit sous terre grâce à la chaleur des geysers.
Délicieux!
Le soir, encore un resto avec tous les plats typiques qu’on partage façon tapas. Un autre régal.
Avant-hier, dernier jour avant le départ du dernier leg.
On prend ça relax. Tout le monde a ses petits projets, et chacun y trouve son compte.
On se retrouve ensuite tous pour une partie de soccer dans les installations près de la marina, puis on partage le terrain avec des locaux : nous contre eux!
On pensait se faire donner une volée, mais au final, nos pratiques aux Bermudes nous ont donné une belle expérience d’équipe, et on a passé un superbe après-midi.
Nous avons bien profité de notre escapade aux Açores et avons maintenant très hâte de rejoindre Andréanne et Frédérique sur le continent!
C’est reparti 😃 vent dans les voiles!







































Wow wow wow!! Quelle expérience incroyable votre traversée! J’avais hâte d’avoir des nouvelles!!
Nous aussi avons hâte de vous retrouver!! Xxxx